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Calcifications de l’Epaule
Les calcifications de l’épaule se logent au sein des tendons de la coiffe des rotateurs et notamment du supra-épineux. Elles sont à l’origine de douleurs très importantes, surtout nocturnes.
Elles limitent les amplitudes articulaires. Le traitement peut être médical (infiltrations – triturations – rééducation) ou chirurgical (exérèse sous arthroscopie).
Vidéo du traitement arthroscopique de la calcification de l’épaule
Description & évolution de la pathologie
La tendinite calcifiante (calcifications de l’épaule) de la coiffe des rotateurs est une pathologie fréquente et hyperalgique de l’épaule survenant principalement chez la femme jeune de 25 à 50 ans. Elle peut être uni ou bilatérale. Il s’agit de douleurs causées la survenue de dépôts de calcaire au sein d’un ou de plusieurs tendons de la coiffe. Le tendon le plus fréquemment touché est le supra épineux. Les douleurs sont intenses, et surviennent surtout la nuit. Elles gênent également la vie quotidienne lorsqu’il s’agit de lever les bras.
La calcification peut conserver la même taille durant son évolution, mais elle peut aussi grandir, jusqu’à percer le tendon et s’éliminer dans l’espace sous acromial (entre le tendon et l’acromion). Cette élimination est un mode de guérison, car l’issue du calcaire dans l’espace sous acromial entraîne une réaction inflammatoire extrêmement douloureuse durant 48 à 72h. Les douleurs sont tellement intense qu’elles peuvent imposer la prise de morphine et faire consulter les patients en urgence.
Le temps d’évolution vers l’élimination spontanée peut varier entre quelques jours et plusieurs années sans avoir d’éléments pour anticiper cette évolution. Si les douleurs sont trop invalidantes, les traitements médicaux peuvent être mis en place:
- L’infiltration sous acromiale de corticoïdes associée à la kinésithérapie.
- La ponction-trituration-infiltration de la calcification sous radiographie. Elle est réalisée par un radiologue qui insère une aiguille sous contrôle radioscopique au sein de la calcification. Il la perfore et aspire son contenu au maximum. En fin de procédure, il injecte des corticoïdes pour diminuer la réaction inflammatoire post interventionnelle.
Ces 2 procédures n’entraînent pas la guérison dans 100% des cas, et ce, d’autant plus que la taille de la calcification est importante.
En cas d’échec, le chirurgien pourra proposer une exérèse de la calcification sous arthroscopie.
Si la calcification est trop grande, le chirurgien pourra également vous proposer directement une intervention.
Indication chirurgicale de la calcification de l’épaule
L’indication chirurgicale repose sur 2 tableaux cliniques:
- Echec du traitement médical bien conduit
- Taille trop importante de la calcification, non accessible à un traitement médical
Préparation à l'intervention
LA CONSULTATION CHIRURGICALE :
La consultation pré opératoire avec le chirurgien aura pour but de faire le diagnostic. Le chirurgien examinera l’épaule pour préciser l’atteinte d’un ou de plusieurs tendons. Il réalisera un examen complet pour tester un à un les tendons et rechercher le ou lesquels sont touchés par la calcification.
Les radiographies préciseront la taille et le nombre des calcifications. L’IRM sera analysée par le chirurgien afin de vérifier l’absence de rupture tendineuse, d’analyser l’agressivité de l’acromion sur la coiffe. Ces examens serviront à planifier le geste chirurgical. Le chirurgien vous expliquera l’intervention et ses suites, ainsi que des informations sur les complications potentielles de la chirurgie. Il vous expliquera la durée de rémission et de retour à la pratique du sport.
Si l’épaule est raide, il vous donnera quelques séances de rééducation afin d’assouplir l’articulation pour préparer l’épaule à l’intervention.
LA CONSULTATION D’ANESTHESIE :
Une fois l’indication posée, l’assistante du Dr LEVY vous donnera un rendez vous avec l’anesthésiste qui sera celui qui s’occupera de vous lors de l’intervention. Il prendra le soin de vous examiner et de vous prescrire les examens complémentaires qu’il jugera nécessaires en vue de l’intervention. Il vous expliquera comment se déroule l’anesthésie. Il s’agit dans tous les cas d’une anesthésie générale associée à une anesthésie loco-régionale ayant pour but de diminuer les douleurs post opératoires).
ARRET DU TABAC :
Il est indispensable d’arrêter de fumer durant le mois qui précède l’intervention et durant le mois post-opératoire. En effet, l’afflux massif de nicotine, diminue le flux sanguin, et donc ralentit la guérison et la cicatrisation du ou des tendons atteints. Les patchs de nicotine à libération prolongée peuvent être utilisés pour pallier la sensation de manque.
Hospitalisation & Intervention pour la calcification de l’épaule
Déroulement de l’intervention
L’intervention se déroule dans le cadre d’une hospitalisation ambulatoire et dure en moyenne 30 minutes. Elle débute par une décompression sous-acromiale, qui consiste à raboter le bec acromial responsable du conflit avec le tendon. Ce geste est réalisé sous arthroscopie, c’est-à-dire grâce à de très petites incisions de moins d’un centimètre, sans avoir à ouvrir l’épaule.
L’arthroscopie permet d’accéder à l’articulation tout en respectant les structures anatomiques, sans agresser les muscles ni les ligaments. Cette technique mini-invasive présente des avantages largement démontrés par rapport à la chirurgie traditionnelle « à ciel ouvert » :
- cicatrices discrètes voire invisibles,
- absence de lésions musculaires,
- récupération fonctionnelle plus rapide,
- saignement minimal,
- risque infectieux réduit.
Deux à trois incisions de 5 à 10 mm sont réalisées autour de l’épaule. Un arthroscope, petite caméra insérée par l’une de ces incisions, permet de visualiser l’ensemble de l’articulation et de confirmer l’absence de rupture tendineuse. Les autres incisions servent à introduire de fins instruments pour effectuer l’ensemble du geste chirurgical. Durant l’intervention, le chirurgien inspecte également l’état du tendon du long biceps, qui traverse l’articulation de l’épaule. Bien qu’il ne soit pas indispensable au bon fonctionnement de l’épaule, ce tendon peut être source de douleurs lorsqu’il est lésé. Le chirurgien peut alors décider de réaliser une ténotomie, c’est-à-dire une section contrôlée du tendon, afin de supprimer ces douleurs tout en préservant la mobilité.
Exérèse de la calcification
Une fois l’espace sous-acromial libéré et les structures inspectées, le chirurgien peut procéder à l’exérèse de la calcification, étape centrale du traitement. À l’aide d’une fine aiguille, il explore le tendon pour localiser précisément le dépôt calcaire, souvent visible par transparence au sein des fibres tendineuses. Lorsque la calcification est identifiée, une moucheture au bistouri est réalisée dans l’axe des fibres afin de créer un chemin de sortie.
À l’aide d’un crochet ou d’une curette, le chirurgien déloge ensuite la calcification, qui se vide dans l’espace sous-acromial. Le dépôt calcaire est alors aspiré par un autre instrument pour éviter toute réaction inflammatoire après l’intervention. Enfin, l’articulation est lavée abondamment afin d’éliminer les résidus et de réduire les risques d’inflammation post-opératoire, avant de procéder à la fermeture des incisions.
Suivi post opératoire
Pendant les 2 à 3 premières semaines, vous devrez garder le bras dans une écharpe jour et nuit. Vous pourrez lorsque vous êtes vigilent ou lorsque vous prenez votre douche, sortir le bras de l’attelle pour le faire reposer le long du corps. Il est interdit de lever le bras ou de l’écarter du corps de manière active. Vous pourrez débuter dès les premiers jours une autorééducation à base de mouvements pendulaires. Le Dr LEVY vous expliquera comment réaliser ces séances d’autorééducation. Il vous ordonnera également des séances de rééducation passive stricte à débuter au 10è jour. Les fils de suture sont résorbables et devront tomber au bout de 15 à 20 jours. Il faut ensuite masser les cicatrices pour éviter la création d’adhérences sous cutanées.
LES CONSULTATIONS POST OPERATOIRE :
PREMIER RDV A J30 :
Lors de ce premier rendez vous, dans la majorité des cas, les douleurs spontanées nocturnes ont disparu. Vous ne pouvez pas encore dormir sur votre épaules opérée, mais sur le dos ou l’autre épaule. On retire définitivement l’immobilisation lors de cette consultation. Le chirurgien vérifie l’état des cicatrices ainsi que les mobilités passives. Une radiographie est pratiquée pour vérifier la disparition de la calcification et la bonne résection du bec acromial. Ainsi, le chirurgien décide de débuter la rééducation active aidée, et d’augmenter les amplitudes en passif puis en actif en fonction de la douleur. Il faudra également masser les cicatrices pour diminuer les adhérences sous cutanées.
DEUXIEME RDV A M4 :
Lors de ce rendez vous, le chirurgien va vérifier les amplitudes articulaires dans tous les secteurs de mobilité. Elles doivent avoir augmenté depuis le dernier rendez vous. En général, l’épaule a récupéré des amplitudes normales. Les cicatrices sont souples et on peut enfin dormir sur le côté opéré. Le chirurgien vous donnera une ordonnance de rééducation afin de renforcer les muscles et de continuer la récupération des amplitudes en passif. Il vous donnera également des conseils afin d’étirer la capsule en faisant à la maison, tous les jours, des exercices d’étirements.
TROISIEME RDV A M6 :
A ce stade, l’épaule doit être souple et indolore. On peut reprendre ses activités sportives, sans toutefois forcer sur l’épaule en cas de douleurs résiduelles.
Complications éventuelles
En chirurgie, on peut être confronté à tout type de complications. Heureusement, elles sont très rares, et les différentes consultations pré et post opératoires ont pour but de les éviter et de les déceler précocement si elles apparaissent.
En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie, il existe quelques problèmes spécifiques à cette chirurgie.
Les complications pouvant être rencontrées dans la chirurgie des calcifications de l’épaule sont les suivantes :
INFECTION DU SITE OPERATOIRE :
Il s’agit d’une infection par une bactérie entrée dans la plaie, au moment de l’intervention malgré toutes les précautions prises par l’équipe chirurgicale, ou lors des suites opératoires, tant que la plaie est ouverte. Elle se présente sous la forme d’une souffrance cicatricielle avec des douleurs importantes, une cicatrice plus rouge que la normale, un écoulement purulent, et l’apparition d’une fièvre persistante.
Il faut absolument prévenir le chirurgien et le consulter en urgence pour traiter cette complication.
ALGODYSTROPHIE :
C’est un état pathologique caractérisé par un syndrome associant des douleurs et d’autres symptômes touchant typiquement une extrémité après un traumatisme ou une intervention chirurgicale même minime. Ce syndrome pourrait être dû à des causes neurologiques, notamment une dysfonction des fibres de petit calibre des nerfs périphériques qui protègent des stimulations douloureuses et thermiques et/ou de grand calibre qui détectent les stimulations tactiles. Elle entraîne des douleurs et une raideur importante pouvant durer jusqu’à 18 mois. Dans tous les cas, la récupération est complète. Le chirurgien fera le diagnostic à l’aide d’une scintigraphie et vous accompagnera tout au long de l’évolution de cette maladie, afin de diminuer les symptômes douloureux et désagréables.
Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive.
Votre chirurgien donnera toute explication complémentaire et se tiendra à votre disposition pour évoquer avec vous chaque cas particulier avec les avantages, les inconvénients et le rapport bénéfices / risques de chaque intervention.





