Rupture du ligament croisé antérieur : bien comprendre la chirurgie

Rupture du ligament croisé antérieur

La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) est une blessure fréquente qui peut toucher aussi bien les sportifs que les personnes moins actives. Dans les deux cas, c’est une affection assez contraignante à ne pas minimiser. Selon les cas, elle peut nécessiter une intervention chirurgicale ainsi qu’une rééducation de plusieurs mois. Avec plus de 50 000 cas opérés par an en France et pas moins de 200 000 aux États-Unis, la LCA est une pathologie qui touche beaucoup d’individus. Bien comprendre les causes, les symptômes et les étapes de la prise en charge médicale est essentiel pour pouvoir envisager une récupération optimale. Cet article vous guidera à travers les aspects clés de cette intervention et les soins nécessaires pour retrouver une fonction articulaire satisfaisante.

Quels sont les causes et symptômes d’une rupture du ligament croisé antérieur ?

La mobilité du genou est assurée par quatre principaux types de ligaments, qui jouent chacun un rôle spécifique dans le maintien de la stabilité articulaire.

Le ligament croisé antérieur (LCA) : Situé au centre du genou, il empêche le tibia de glisser vers l’avant par rapport au fémur et contrôle les mouvements de rotation excessive du genou.

Le ligament croisé postérieur (LCP) : Situé au centre du genou, juste en arrière du LCA, il empêche le tibia de glisser vers l’arrière par rapport au fémur.

Les ligaments collatéraux (médial et latéral) : Le ligament collatéral médial (LCM) : Il se trouve sur le côté interne du genou et prévient les mouvements excessifs vers l’extérieur (valgus).

Le ligament collatéral latéral (LCL) : Placé sur le côté externe du genou, il empêche les mouvements excessifs vers l’intérieur (varus).

Ces quatre ligaments fonctionnent en synergie pour stabiliser le genou dans toutes les directions et résister aux forces appliquées pendant les activités quotidiennes et sportives. C’est pourquoi la rupture de l’un de ces ligaments aboutit à un handicap partiel qui peut mettre en péril les activités physiques et sportives.

Anatomie du genouAnatomie du genou

Les causes

La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) est souvent due à un choc plutôt violent : un changement brusque de direction, un saut mal réceptionné, un choc direct sur le genou ou une hyper extension non contrôlée (“shoot dans le vide”). La rupture du LCA survient généralement à la suite d’un traumatisme important. Le football, le rugby, le ski ou le basketball sont des sports particulièrement à risque, en raison des mouvements rapides et des sollicitations intenses qu’ils imposent au genou. Néanmoins, cette blessure peut être occasionnée par des accidents plus anodins comme une mauvaise réception lors d’une marche ou un faux pas.

Les symptômes

Les symptômes d’une rupture du ligament croisé antérieur se manifestent dès les premiers instants qui suivent la blessure. Le principal est une douleur aiguë et soudaine au niveau du genou, souvent accompagnée d’un « craquement » souvent audible au moment du traumatisme.

  • douleurs aiguës au genou
  • sensation de dérobement du genou
  • craquement
  • manque de flexibilité
  • manque de stabilité
  • difficulté pour se déplacer
  • gonflement important et rapide

Rapidement, le genou peut gonfler en raison d’une hémarthrose (accumulation de sang dans l’articulation). Une sensation d’instabilité, voire une incapacité à poser le pied au sol, peut apparaître. À long terme, une rupture non traitée peut entraîner des épisodes répétés de dérobement et augmenter le risque de lésions méniscales et d’arthrose précoce.

Quand opérer une rupture du ligament croisé antérieur ?

Selon les cas, la chirurgie du ligament croisé antérieur (ligamentoplastie) n’est pas obligatoire. Par exemple, pour les sujets plus âgés qui ne pratiquent pas d’activité physique intense, la chirurgie ne sera pas nécessaire, la reprise des activités se fera naturellement. En revanche, chez des sujets plus jeunes ou très sportifs, l’intervention chirurgicale est indispensable, de la même manière que la rééducation pré et postopératoire. Ces étapes permettront de pouvoir retrouver une activité physique avec pivot, c’est-à-dire nécessitant le pivotement du genou. Lorsque l’opération est requise, il est absolument crucial de suivre certaines étapes préopératoires qui se révèleront déterminantes dans le processus de guérison.

La consultation préopératoire aura pour but de déterminer clairement le procédé à suivre par le patient. Le chirurgien réalisera un examen complet du genou qui permettra de repérer d’éventuelles lésions méniscales et d’autres atteintes ligamentaires. Les radiographies et IRM serviront de références pour la prévision du geste chirurgical. L’intervention en elle-même, ses suites, ses contre-indications et le temps de rémission vous seront également détaillés au cours de cette consultation.

Déroulé de l’opération

La technique chirurgicale la plus courante est la reconstruction à l’aide d’un greffon, généralement prélevé sur le tendon rotulien ou les tendons ischio-jambiers. Sous anesthésie générale ou sous anesthésie locale, l’intervention débute parle prélèvement de la greffe ligamentaire. Puis, une arthroscopie, qui permet de visualiser l’intérieur de l’articulation et de confirmer les lésions, est réalisée. Le chirurgien prépare ensuite l’emplacement du greffon en forant des tunnels osseux dans le fémur et le tibia, où le nouveau ligament sera fixé. Une fois le greffon en place, des dispositifs de fixation, comme des vis ou des boutons d’ancrage, sont utilisés pour assurer sa stabilité. La durée totale de l’opération est d’environ 40 à 60 minutes, et la plupart des patients peuvent rentrer chez eux le jour même de l’opération.

Arthroscopie du genou

Arthroscopie du genou

Préparation du genou avant l’opération : une étape cruciale

La préparation du genou avant l’intervention chirurgicale pour une rupture du ligament croisé antérieur est une étape déterminante pour maximiser les chances de succès. Avant l’opération, il est essentiel de réduire l’inflammation et le gonflement du genou, tout en récupérant une certaine amplitude de mouvement. Le chirurgien pourra alors vous prescrire des séances de kinésithérapie avec des exercices adaptés pour renforcer les muscles autour du genou, en particulier les quadriceps et les ischio-jambiers. Une bonne préparation aide à prévenir les complications post-opératoires, comme la raideur articulaire, et favorise une récupération plus rapide. Dans certains cas, une chirurgie d’urgence peut être envisagée, notamment si d’autres structures du genou, comme les ménisques ou les ligaments latéraux, sont également endommagées.

Quel délai entre la rupture et la chirurgie ?

La rééducation pré-opératoire peut prendre entre 3 et 6 semaines selon les cas. Cette période peut varier en fonction de l’état initial du genou, du degré de gonflement, mais aussi de la capacité du patient à récupérer une amplitude de mouvement normale avant l’intervention. Les kinésithérapeutes ajustent souvent la durée en fonction des progrès du patient et des objectifs fixés.

La phase de rééducation post-opératoire

L’opération du ligament croisé antérieur est suivie d’une phase de rééducation physique pouvant aller jusqu’à 6 mois. Généralement, et hormis cas exceptionnel, le sport pivot peut être repris après 8 à 10 mois de rééducation. La rééducation est une étape essentielle pour optimiser les résultats de l’intervention. Elle commence dès les premiers jours post-opératoires et se divise en plusieurs phases. La première vise à réduire la douleur et l’inflammation, tout en récupérant une mobilité articulaire de base. Des exercices doux et progressifs sont introduits pour renforcer les muscles quadriceps et ischio-jambiers, tout en évitant les mouvements susceptibles de solliciter le greffon. Au fil des semaines, les exercices s’intensifient et cherchent à travailler la force, la proprioception et la stabilité du patient.

Une rupture du ligament croisé antérieur est une pathologie qui se soigne aujourd’hui très bien. Avec la bonne expertise et un accompagnement adapté, les patients retrouvent ensuite toute leur mobilité d’avant traumatisme. N’hésitez pas à consulter notre page dédiée à cette pathologie pour en apprendre plus sur l’intervention chirurgicale.

Rééductation du genou

Rééducation du genou

FAQ : Rupture du ligament croisé antérieur

1.    À quoi sert le ligament croisé antérieur ?

Le ligament croisé antérieur (LCA) est l’un des principaux stabilisateurs du genou. Il empêche le tibia de glisser vers l’avant par rapport au fémur et contrôle les mouvements de rotation excessive. Il joue un rôle clé dans la stabilité globale du genou, notamment lors des activités physiques comme courir, sauter ou changer de direction rapidement.

2.    Rupture du ligament croisé antérieur, quelle douleur ?

La douleur liée à une rupture du ligament croisé antérieur est généralement intense et soudaine, souvent décrite comme une sensation de « déchirure » ou accompagnée d’un craquement audible. Cette douleur s’accompagne rapidement d’un gonflement important du genou (hémarthrose) et d’une sensation d’instabilité, rendant difficile, voire impossible, de poser le pied au sol.

3.    Comment guérir une rupture du ligament croisé antérieur ?

La guérison d’une rupture du ligament croisé antérieur dépend de la gravité de la blessure et des besoins du patient.
Deux options principales existent :

  • Traitement conservateur : Convient aux patients moins actifs ou plus âgés. Il combine repos, physiothérapie pour renforcer les muscles autour du genou, et éventuellement le port d’une orthèse.
  • Traitement chirurgical : Recommandé pour les sportifs ou les patients nécessitant une fonction articulaire élevée. Il consiste en une reconstruction du ligament à l’aide d’un greffon, suivie d’une rééducation rigoureuse.

Le choix du traitement est guidé par les objectifs fonctionnels et l’évaluation médicale.

4.    Combien de temps doit-on attendre avant de se faire opérer du ligament croisé antérieur ?

Il est généralement recommandé d’attendre 3 à 6 semaines après la rupture pour se faire opérer. Ce délai permet de réduire l’inflammation, de retrouver une bonne amplitude de mouvement et de renforcer légèrement les muscles du genou, ce qui diminue les risques de raideur articulaire post-opératoire. Ce laps de temps est donc dédié à la rééducation pré-opératoire qui est essentielle à une bonne récupération post-opératoire. Cependant, dans des cas particuliers, comme des lésions associées graves, une intervention plus rapide peut être envisagée sur avis médical.

5.    Quelle rééducation après opération du ligament croisé antérieur ?

La rééducation après une opération du ligament croisé antérieur se déroule en plusieurs phases étalées entre 6 et 9 mois. Un suivi rigoureux avec un kinésithérapeute est indispensable pour optimiser la récupération et prévenir les récidives.

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